LA MARNE HOMAGE A YANNICK SYLLA

Hommage du journal la marne : Yannick Sylla S’en est allé

Le CS Meaux est en deuil. Yannick Sylla, éducateur en charge des U15 A DHR, et ancien joueur du club, arrivé en 2006, est décédé mardi 18 juillet, à 45 ans, lors d’un jogging, en Espagne, où il passait ses vacances en famille.

« Il a tout donné »
Pour le club, c’est une véritable de choc. Un séisme. Pierre Brenne, son président, est sous le choc. « Quand je l’ai appris, ça a été extrêmement violent. Les gamins l’adoraient, les générations qu’il a eu sont profondément affectées. Il fait l’unanimité partout, d’où la souffrance collective qu’on est en train de vivre. »

Pour lui, c’est « injuste. Il était sportif, ne fumait pas, ne buvait pas, avait une hygiène de vie exceptionnelle. C’était une vraie mécanique qui s’entretenait. »

« Maintenant, on sait pourquoi on joue au foot

A l’entendre, l’ancien attaquant a apporté beaucoup au club. « Il a tout donné, poursuit le président. Ce n’est pas un monument, n’exagérons rien, mais Sylla, au CS Meaux, c’est Sylla. Quelqu’un d’omniprésent, dans tous les sens du terme, et qu’on ne voit jamais. Humilité, discrétion, efficacité. C’est quelqu’un à qui vous n’avez que peu de choses à dire sauf « merci ». Comme tous les grands bonhommes, il est humble, ne se met jamais en avant. »

Un homme « passionné, dévoué », pour Nathalie Vairon, secrétaire général du club. « Jamais il n’aurait raté un match, un entraînement. Les gamins l’auraient suivi les yeux fermés. Il y avait une telle confiance, un tel lien… »

Depuis l’annonce du « drame », Pierre Brenne a reçu énormément d’appels de dirigeants, de parents. La rentrée, il « l’appréhende énormément. Je vois des jeunes qui disent tous « tout pour la montée, en U15, U17 et U19 ». Ce qui veut dire que les gamins vont reprendre avec que ça en tête.
Il faudra être très vigilant par rapport à ça. » « Moi mon fils m’a déjà dit, « maintenant on sait pourquoi on joue au foot »,
abonde Nathalie Vairon, secrétaire général du club.
Une rentrée d’autant plus délicate que les deux fils de Yannick Sylla, Sofiane, en U17, et Merwan, en U13, sont toujours membres du CS Meaux. « Le plus grand hommage qu’on peut lui rendre, c’est de veiller à ce que tout se passe bien pour sa famille, conclu Pierre Brenne. Pour lui, on a l’obligation d’être à la hauteur désormais ».

Encadré

« Un homme exceptionnel »

Les dirigeants qui l’ont connu sont effondrés. Flavien Binant, éducateur en U15 B, travaillait avec lui depuis trois ans. « On est tous meurtris par ce qu’il s’est passé. C’était quelqu’un de super, sur le terrain et en dehors. Ce sera vraiment très dur de trouver quelqu’un qui ne l’appréciait pas. »

« Il avait la classe »

Pour lui, Yannick Sylla « dégageait la classe. C’était un modèle, pour les éducateurs et pour les jeunes qu’il encadrait ». Il poursuit. « Ilétait exemplaire, toujours positif, très proche de ses joueurs. Il avait l’envie de gagner, mais pas n’importe comment. Par le respect du jeu, de l’adversaire, et surtout la progression de ses joueurs. »

« C’était l’éducateur dans le sens noble du terme, affirme Christophe Cellier, ami de la famille et éducateur U19, très ému lui aussi. Quelqu’un qui éduque, transmet des valeurs, des principes, qui cadre. Il a amené ce ce qui manquait au club : un leadership. »

Lorsqu’il a appris la nouvelle, il a ressenti un « incroyable sentiment d’incompréhension et d’injustice. En tant que joueur c’était un vrai combattant, un vrai guerrier. Avec ses joueurs, il était très exigeant mais toujours à l’écoute, dans l’échange permanent. Yannick croyait énormément en ses joueurs et en leur capacités de se sublimer. »

« Un homme exceptionnel »

Un éducateur « tel que nos jeunes en ont besoin. » selon lui. Pascal n’est pas moins élogieux. Yannick, il l’a toujours accompagné depuis sept ans. On le surnommait d’ailleurs « le binôme ».

Il n’a pu retenir ses larmes, bouleversé par la nouvelle. « C’est comme si on m’avait enlevé un membre de ma famille. J’ai du mal à réaliser qu’il n’est plus là… »

Il se souvient d’un homme « toujours joyeux, jamais en colère », doué, « Déjà avant c’était un grand joueur, il marquait beaucoup de buts », et très pédagogue ensuite en tant qu’éducateur. « Quand on parle de Yannick entraîneur, on a un immense respect. Au moment de faire le groupe, il n’a jamais dit à quelqu’un « toi t’es nul ». Il allait toujours leur expliquer pourquoi il ne les prenait pas. Il était correct, droit, exemplaire. »

Il l’assure, de tous les hommes qu’il a connus, il n’en a « jamais vu des comme ça. C’était quelqu’un d’exceptionnel. »« C’est un modèle, conclu Christophe Cellier. On ne remplace pas être un aussi beau, parce que Yannick c’était une belle personne comme on en rencontre très peu dans une vie. Il restera à jamais dans nos mémoires ça c’est certain. »

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